West Ham United, un club pas comme les autres.

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West Ham United, un club pas comme les autres.

Message par FONDATEUR-HAMMERBOI-RIP. le 12/17/2009, 22:10

West Ham United s'appuyait historiquement sur une réalité sociale qui l’avait amenée depuis sa création en 1895 à demeurer la propriété d'une même famille de la bourgeoisie industrielle Londonienne, qui en a assuré sans interruption la direction jusqu’au début des années 90…
Club de la classe ouvrière par naissance, club familial par essence, West Ham a subi lors des deux dernières décennies une véritable révolution idéologique…

Comprendre l’originalité de ce club c’est d’abord comprendre son fonctionnement quasi séculaire qui l’aura amené de la fin du XIXème siècle à celle du XXème tout en conservant un schéma d’entreprise pensée dans son aspect économique selon la plus pure tradition victorienne d’une école morale réglementant la vie et l’activité du club comme celle de ses supporters et de ses membres…
Dans le cadre de la société victorienne, cette manière de construire le club comme une entité fortement intégrée, qui unissait dans une dépendance totale les joueurs et les supporters aux dirigeants, relevait d'une stratégie globale de réglementation de la vie privée des membres des classes populaires (working-class). L'analyse de la crise à la fois économique, sportive et institutionnelle, que connaît le club de West Ham dans les années 1990, montre comment les supporters se sont saisis des valeurs de la famille invoquées par les dirigeants, pour leur donner une extension nouvelle susceptible de justifier une volonté de peser plus fortement sur la politique du club
The Thames Ironworks Football Club a été fondé en 1895 à West Ham, un quartier populeux et misérable de l’Est de Londres par Arnold F.Hills, propriétaire des Forges de la Tamise. L’emblème du club représente deux marteaux qui rappellent ceux que maniaient les ouvriers des forges installées dans les deux arrondissements de l’East End : East Ham et West Ham. La symbolique dépasse cette implentation géographique ; le cri de ralliement des supporters perpétue le passé du club : « Up the Hammers » (allez les métaux où allez les marteaux). A.F.Hills, propriétaire des Forges et pur produit de la bourgeoisie victorienne, incarnait parfaitement les idéaux de sa propre classe. Éduqué à Harrow, puis étudiant à Oxford, champion d’Angleterre du mile, footballeur sélectionné dans l’équipe nationale, végétarien et apôtre de la tempérance, il croyait passionnément aux vertus du sport. Les victoires remportées sur les terrains de football, devaient pour lui, célébrer la grandeur de l’entreprise et sceller sa prospérité.
Hills a présidé au destin du club jusqu’en 1900, date à laquelle celui-ci est devenu professionnel et a pris le nom de West Ham United. Fortement hostile au professionnalisme, Hills sépare clairement les intérêts du nouveau club des affaires de sa propre entreprise. Néanmoins, il assure WHU de son soutien en acquérant la moitié des actions et s’engage à acheter une nouvelle action chaque fois qu’une action sera vendue au public. Durant toute sa vie, il aide l’équipe dans les temps difficiles, fera toujours preuve de loyauté, ne cherchera même pas à obtenir un billet gratuit pour les finales de la Coupe et ne fera jamais valoir des droits lors de la distribution des dividendes. Bien que possédant la majorité des actions, ses descendants sont eux aussi demeurés fidèles à la tradition…
West Ham United est fréquemment décrit comme un « family club » et cette expression peut être prise à la lettre. Le club se présente comme une famille patriarcale et autoritaire dominée par une oligarchie qui en assure la gestion et fixe des règles de conduite qui ne peuvent être contestées. Durant ses premières années d’existence, la direction du club est assurée par un petit nombre d’hommes : à partir de 1909 tous les présidents exercent leur mandat jusqu’à leur mort.


West Ham, un club basé sur la tradition

Les deux membres les plus représentatifs du Conseil d'administration, William White et J.W.Y. Cearns, assurent la direction du club de 1909 à 1935. En 1924, W.J.Cearns rejoint son père au sein du Conseil, accompagné de son associé F.R. Pratt. Non seulement, W.J. Cearns prend la succession de son père à sa mort en 1935 et demeure président jusqu'à sa disparition en 1950, mais son fils L.C. Cearns le rejoint au bureau en 1948. F.R. Pratt, vice président de 1935 à 1941, est remplacé à sa mort par son fils R.H. Pratt. Depuis 1924, il y toujours eu au moins un membre de chacune de ces familles au Comité directeur du club. Entre 1935 et 1986, le président et le vice président sont alternativement un Cearns ou un Pratt. Les liens entre administrateurs sont si forts que certains membres sont restés des "outsiders", quelle que soit la durée de leur mandat. Enfin, les administrateurs nourrissent un profond mépris "pour la race des nouveaux managers, ces arrivistes qui envahissent les autres clubs en investissant de l'argent et en utilisant leurs positions pour faire carrière."

Stabilité, famille, désintéressement, tels sont les traits saillants du conseil d'administration; les intérêts du club devant passer avant ceux des actionnaires, on ne compte plus les années où aucun dividende n'a été versé. Conservateurs et paternalistes, les dirigeants de West Ham incarnent la tradition. Ils ne vivent pas du club, mais pour le club. Ils accomplissent leur devoir en servant une communauté au sein de laquelle chacun a sa place (les actionnaires, les joueurs, les supporters, les dirigeants...) mais tous doivent rester unis pour le meilleur et pour le pire. Investis de cette mission, ils sont fidèles au vieil idéal victorien "faire le bien et bien le faire".

L'originalité d'un club...

Bien que les relations entre clubs de football et leurs supporters constituent un sujet très discuté, celui-ci n'a guère fait l'objet d'études précises, sans doute parce qu'il s'agit là d'un phénomène fortement chargé et donc difficile à objectiver. Par ailleurs, pour des raisons sociales et culturelles, les dirigeants du football anglais ont souvent traité les supporters avec paternalisme (ne vous inquiétez pas, il suffit d'ouvrir les portes les jours de match et les gens viendront en foule au stade).

West Ham United, le club d'excellence de l'East London, permet d'observer les changements importants qui sont survenus, depuis les années 1970 au sein du football anglais et notamment dans les relations entre les clubs et les supporters. Comprendre l'originalité du club, c'est donc bien comprendre d'abord et avant tout le sens des investissements que les dirigeants ont engagé dans une entreprise pensée dans son aspect économique et assumée dans la plus pure tradition victorienne d'une école morale réglementant la vie privée des ouvriers.

Une tradition de joueurs et d'entraîneurs

C'est aussi constater que depuis sa création en 1895, le club n'a connu que 12 managers, Syd King, Charlie Paynter, Ted Fenton, Ron Greenwood, John Lyall, Lou Macari, Billy Bonds, Harry Redknapp, Glenn Roeder, Alan Pardew, Glenn Roeder, Alan Curbishley et Gianfranco Zola depuis 2008...

Autre particularité symbolique de cet état d'esprit, tous les joueurs ayant marqué l'histoire du club sont des joueurs du cru. Geoff Hurst, certes né dans le Lancashire mais formé au club, Bobby Moore et Trevor Brooking, qui sont nés à Barking, quartier voisin de celui d'Upton Park, Billy Bonds, né à Woolwich dans le south-east London et, Martin Peters, né lui à Plaistow dans l'East London... C'est aussi penser que West Ham est le seul club anglais à avoir été "Champion du Monde". 30 juillet 1966, finale de la Coupe du Monde (Angleterre - RFA), une victoire en Coupe du Monde n'aura jamais été autant liée à celle d'un (seul) club car ce jour-là, trois joueurs des Hammers sont titulaires: Bobby Moore le capitaine, Geoff Hurst et Martin Peters. Dans cette finale, ils seront décisifs, Hurst marquera trois fois (officiellement) et avec Bobby Moore soulevant la Coupe Jules Rimet et Martin Peters inscrivant l'autre but anglais de la finale, les fans des Hammers vous diront que c'est West Ham, et non l'Angleterre, qui a gagné ce 30 Juillet 1966 la Coupe du Monde.



C’est vers la fin des années 80 que tout va changer pour West Ham, période annonciatrice de ce que sera le foot-business des temps moderne, quand un homme d’affaires de la région prendra le contrôle du club en achetant quelques actions, siège au bureau puis commence à acheter par personnes interposées, des actions supplémentaires sans que le bureau ne réagisse, voyant en lui un allié.
Les problèmes n’apparaissent qu’en Janvier 1990 quand deux actionnaires exigent la tenue d’une assemblée générale extraordinaire pour élire trois directeurs supplémentaires : Brian Wallace, Geoff Hurt, un des plus grands joueurs de l’histoire du club et John Cearns, le frère de deux directeurs et l’oncle d’un troisième…
C’est une véritable guerre de famille qui s’annonce : Le vice-président Martin Cearns fait remarquer que « John Cearns n’a pas eu la courtoisie de consulter ou de demander conseil aux membres de sa famille » avant d’envisager des changements dans le club.
Cette tentative de prise de contrôle du club échoue finalement, mais pousse les autres membres du bureau dans une guerre d’achat des actions disponibles et les aura obligés à se préoccuper de la gestion du club. A la demande de Martin Cearns, un nouveau directeur, Terence « Terry » Brown, rejoint le bureau. C’est un abonné, qui s’identifie au club, soucieux de l’avenir de son avenir, qui a financièrement les reins solides et qui est prêt à consacrer du temps et de l’argent pour sa passion…
C’est pendant l’hiver 1991 que West Ham United subit donc la première grave crise de son histoire dans ses relations avec ses supporters. Les nouveaux dirigeants n’ont pas encore tiré les fruits de leur politique que déjà le club doit affronter deux séries de problèmes. Au niveau proprement sportif, les supporters craignent une relégation en fin de saison et les finances du club ne permettent pas d’envisager des renforts car le club doit financer les travaux de rénovation et de mise en conformité avec les normes désormais obligatoires du « Taylor Report » (relatif aux conditions de sécurité dans les stades)
Les résultats de la saison 1991/1992 sont en dessous des pires pronostics et ravivent les critiques contre la direction du club. En parallèle les aménagements pour remettre en service Upton Park après la saison 1994 sont estimés à plus de 15 millions de livres, ce qui excède les fonds propres du club. Les dirigeants décident alors de lancer un emprunt auprès des supporters en jouant sur la fibre émotionnelle, ce qui ne fait qu’aggraver les craintes de ceux-ci sur l’avenir du club. Ils se regroupent au sein d’une association la HISA « Hammers’ Independant Supporters Association » (l’association des supporters indépendants des Hammers) qui tiendra sa première réunion le 20 Janvier 1992, dans un pub local, le Denmark Arms où quelque 500 supporters se retrouvent pour discuter des perspectives d’avenir du club et de leur rôle.
Des manifestations sont organisées, l’affrontement entre l’association des supporters et les dirigeants du club est mis sur la place publique, ce qui amènera Martin Cearns à démissionner sous la pression de son poste de vice-président remplacé par Terry Brown, plébiscité par les fans des Hammers.
Pour les membres de l’HISA, il s’agit de maintenir le club à Upton Park et voir West Ham figurer parmi les meilleurs…
La création d’une organisation militante, prise en charge et intelligemment menée par des supporters, était bien la dernière chose que les dirigeants de West Ham souhaitaient voir.
C’est pourtant ensuite, la mobilisation efficace, bien que tardive de l’HISA dans la réalisation de l’emprunt (Hammers bonds) qui fournira au club les bases de sa survie économique…et sportive.
Terence Brown est devenu Président de West Ham en 1992 et a dirigé les « claret and blue » au travers d’une quinzaine de ses plus turbulentes années dans un football anglais en pleine évolution économique et idéologique…
Il a vendu le club en 2006 à Eggert Magnússon et Bjorgolfur Gudmundsson deux hommes d’affaires Islandais, après avoir lui aussi au final vivement été critiqué par les supporters pour sa gestion sportive et financière.
En décembre 2007, Magnússon quitte le club en revendant ses parts à Bjorgolfur Gudmundsson, alors Président de la banque Islandaise Landsbanki, mais en juin 2009, la crise financière mondiale touche de plein fouet West Ham. La Straumur-Burdaras Investment Bank reprend les actifs de Hansa Holding dont dépendait CB Holding qui détenait le portefeuille d’action du club et nomme alors un de ses administrateurs, Andrew Bernhardt, comme nouveau Président…
Cette semaine, David Gold et David Sullivan, anciens propriétaires de Birmingham, ont mis 55,6 millions d'euros sur la table pour racheter West Ham.


Dernière édition par Hammerboi! le 12/19/2009, 19:59, édité 3 fois


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